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| | A chaque jour suffit sa peine [Terminé] | |
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Cassidy Lee Jefferson ¤ Elue de Taranis, Electron libre ¤


Age : 26 Inscrit le : 23 Mai 2008 Messages : 308 Localisation : En standby du côté de Marseille JDR Race: Humaine - pour le moment Âge du perso: Tout juste 18 ans Relations:
| Sujet: A chaque jour suffit sa peine [Terminé] Mer 18 Juin - 21:30 | |
| Lundi 04 Novembre 2015 – 08.30
Lucky se réveilla brusquement. Elle passa d’un sommeil lourd à l’était d’éveil attentif instantanément. Elle n’avait pas bougé dans son lit, se contentant de rester allongée à tendre l’oreille et à percer l’obscurité ambiante de ses yeux. Des moments pareils, elle en avait vécu des dizaines, quand elle avait son sens du danger lycan. Sauf que là, elle ne sentait aucun danger.
Non parce qu’elle n’avait plus ce sens du danger – elle l’avait perdu avant même que Stryte ne lui enlèvât son kyste contenant l’essence lycan en elle – mais parce qu’il n’y avait pas de danger à sentir. Elle était en sécurité, chez Byakko… chez elle. Dans sa chambre. Cela ne faisait qu’un jour qu’elle avait conclu l’accord avec l’asiatique, mais déjà elle avait pris ses marques dans l’appartement pourtant bien étrange. La décoration était entièrement japonaise et la jeune femme avait retourné la cuisine la veille à la recherche d’une fourchette. Peine perdue. Byakko n’avait que des baguettes.
Voilà un point auquel il fallait remédier immédiatement. Lucky repoussa la couverture et fit une liste mentale de chose à faire. Avant tout, s’installer et faire les courses que Stryte lui avait demandées de faire… et puis… Et puis elle s’attaquerait aux vrais problèmes. Taranis, Lucifer, cette fille qui s’en était prise à Stryte et qu’elle avait grillé, ce L que Lucifer avait mentionné…. elle avait tapé la causette avec un ange déchu... OK. Techniquement, il avait parlé et elle avait écouté, mais c’est kif-kif. Ouais, vous aussi, vous avez du mal à le croire ? Ben Lucky aussi. Pourtant elle était aux premières loges. Elle secoua la tête. Même en ces temps troublés, personne ne l’a croirait jamais. Elle-même ni croyait qu’à moitié. La jeune irlandaise eut un rire court qui n’avait rien de joyeux. Un chat qui parle, deux anges qui se frittent, elle qui lançait des décharges à tout va… Mince, elle était bonne pour un asile de fou… ou un labo…
Frissonnant à ces pensées peu positives, elle se leva et après un rapide passage dans la salle de bains, gagna la cuisine. Elle portait une partie des vêtements qu’elle avait achetés la veille en sortant de l’hôtel. Cela faisait du bien de porter des habits propres et intacts. Encore une fois, l’image de la hunter sur le toit vacille devant les yeux de Lucky. Mais elle repoussa le tout. Ce n’était pas de la fuite en avant ou un refus des problèmes. C’était juste qu’elle avait trop de choses à faire en même temps, trop de soucis immédiats. Alors, autant régler les affaires auxquelles elle savait pourvoir apporté une solution rapide. Et une fois bien installée, nourrit et au chaud, elle réfléchirait aux trucs qui la dépassait.
Lucky s’activa dans la cuisine : elle prépara de la pâte à crêpes. Touiller le liquide, puis le cuire en de parfait ronds lui occupa l’esprit de le temps de lui changer les idées. Byakko arriva peu de temps après. Apparemment l’odeur des crêpes l’avait réveillée. Il fit le thé pendant que Lucky mettait la table. Elle n’avait pas osé toucher les petites boites d’herbes, parce qu’elle ne savait pas lire les étiquettes couvertes d’idéogrammes. – « Tu m’apprendras à lire le japonais? A moins que c’est du chinois ? Et puis, t’es quoi d’abord ? Chinois ? Japonais ?» Byakko eut un petit sourire et lui dressa un rapide résumé de sa vie. Dans les grandes lignes. Il ne disait pas tout et il savait qu’elle le savait. Mais c’était logique. Il n’allait pas raconter toute sa vie à une inconnue. …
En parlant d’inconnue. – « Comment... va la fille… celle hier… Elle… elle est morte ?» Non. Ouuuuf…. Lucky était soulagée. Elle n’aurait pas cette mort sur la conscience. Elle en avait assez comme ça. Elle avait tué un gars dans un combat un jour, et blessé presque mortellement un autre qui s’en était pris à son jeune cousin Dany. Et puis… récemment, elle s’était faite des High Westminster à la pelle. Elle avait agit par pur instinct. Dérangée dans son sommeil fiévreux par des caïds qui fouillaient les décombres de Mulligan Road, elle n’avait pas pu contrôler son pouvoir électrique. La peur et la fatigue l’avaient poussée à bout…. L’odeur de la chair brûlée la hanterait à vie. A vous dégoûter des barbecues. La vie était marrante de fois. Bon, marrante n’était pas le bon et exact mot. Mais le monde était petit. Cette fille…. Byakko la connaissait. D’ailleurs, il semblait très concerné. Trop même. Tiens, tiens, M Pervers aurait-il craqué sur une jeune hunter ? Lucky tenta de se rappeler le visage de la fille. Impossible. Tout était floue, à part l’extase de se faire foudroyer… Ge-ni-al… Elle était folle et maso. Après tout, rien de tel qu’une petite électrocution pour prendre son pied, non ?
Ahhhhh… Byakko voulait savoir comment elle était au courant pour … Christina ? – « Eu... Euuuh... ben... en fait…. J’étais dans le coin. TIENS PRENDS UNE CREPE !» Elle lui enfourna presque de force une crêpe dans la bouche. Elle ne pouvait pas avouer à son colocataire de patron hunter qu’elle sortait avec un vampire assassin qui posait comme concurrent direct des hunters. « J’avais des trucs à faire du côté de l’hôtel. D’ailleurs, j’ai encore plein de trucs à faire !» Il avait beau faire des arts martiaux, elle était rapide… et aux abois… Elle se glissa dans sa chambre avant qu’il n’ait pu la bloquer dans la cuisine. Mais la voilà dans sa chambre… et sans chaussure. Byakko insistait pour qu’on enlevât ses shoes avant d’entrer dans l’appart. Et mince. Est-ce que tous les asiatiques étaient têtus comme ça ? Elle tournicota dans sa chambre, préparant ses affaires. Le temps d’avoir tout rassemblé, il n’y avait plus aucun bruit dans le salon. Peut-être était-il descendu dans la boutique ou dans son sous-sol ?
Doucement, l’irlandaise ouvrit la poste de sa chambre et passa une tête prudente dans l’embrassure. Rien. Rassurée, elle vit deux pas en direction de la sortie et se baissa pour enfiler ses chaussures. – « Je te tiens! » Il lui avait tendu un piège ! Embusqué derrière le canapé, il l’attrapa par la taille. Son ton joueur prouvait qu’il n’était pas en colère, juste décidé à avoir des réponses. Alors qu’il la faisait pivoter pour qu’elle soit face à lui, lui pelotant le popotin en passant, le fusil que Lucky portait à l’épaule glissa. Byakko agit par reflexes : il attrapa l’arme des deux mains et elle en profita pour prendre la poudre d’escampette. Comme la veille, elle passa par la fenêtre, mais comme elle était plus lourdement chargée, elle se reçut un peu moins gracieusement. – « Désolée Byakko, je dois y aller! A plus !»
Lucky s’éloigna rapidement, au cas où il prendrait l’envie à Byakko de lui courir après et de lui donner une fessée qu’elle savait mériter. Elle n’avait pas été gentille avec lui et il ne faisait que s’inquiéter gentiment. Mais de la même façon qui Byakko ne lui avait pas tout dit sur lui, elle n’avait pas à tout lui dire sur elle. Stryte faisait partie de cette zone floue. Surtout que Lucky serait bien en peine de faire un récit cohérent des récents événements. « Ce soir… J’y penserai ce soir…»
Byakko ayant gardé son fusil, Lucky se retrouvait sans monnaie d’échange et dut faire un détour pour rejoindre une cache d’arme. Dissimulée dans le coffre d’une voiture dans une décharge publique, la cantine militaire métallique était toujours là et fortement protégée. Un trou de rat de Mulligan Road. Après un instant de réflexion, Lucky pêcha un autre fusil d’assaut, deux boites de balles et un viseur de snipper.
Puis elle se mit en route pour Harlem, le quartier portoricain/latino de New-York. Destination : l’armurerie d’Ignacio Vallente-Hernandez. L’homme descendait directement des fameux forgerons de Tolède, en Espagne. Même si pour Lucky, l’Espagne et même Puerto Rico restaient des notions vagues pour elle. Elle savait juste qu’il était le meilleur forgeron et que qu’elle que soit votre commande, il vous la ferait… si vous y mettiez le prix. Le prix, pour elle, c’était la valeur de son fusil.
Le quartier de Harlem appartenait au grand gang Tierra Nueva. Si les Mulligan Road n’avaient jamais eu problèmes parce que leur territoires étaient éloignés les uns des autres et parce qu’ils étaient business partners. Cependant, les deux mentalités de clan, très axées sur la famille, différaient : les irlandais protégeaient leur chez eux alors que les portoricains cherchaient toujours à dominer un territoire plus grand. Aussi Lucky se sentait vulnérable en s’aventurant dans les rues latino. Les enseignes n’étaient déjà plus en anglais, mais en espagnol, et les sons et odeurs s’échappant des fenêtres étaient lourds, épicés, rythmés latino. – « Hola Chica! Qui hace aqui?» – « Move away, Roderiz! C’est à ton vieux que je veux causer, pas à toi!» Lucky gronda. De tous les membres de Tierra Nueva, voilà un des rares qu’elle ne voulait pas croiser. Roberto Roderiz. Petit-fils d’Ignacio, par l’une des filles. Il se croyait tout permit, et il était une vraie fouille-merde assorti d’un enfoiré de première… alors qu’il n’était qu’un membre comme les autres du gang. Il jouait les gros bras sûrement pour compenser un manque… – « Yo Chica! Ne mords pas! » Il parlait anglais avec cet horripilant accent latino… alors que tout le monde savait qu’il n’avait d’accent que celui des ghettos de New-York. « Surtout que tu n’es pas en mesure de l’ouvrir, chica. Tu familia no esta aqui para protegarte. » – « Fuck you!» Elle connaissait suffisamment d’espagnol pour savoir qu’il s’en prenait à sa famille… ou plutôt à son absence de famille. Elle serra les dents et continua de marcher, droit vers la boutique d’Ignacio, ignorant les railleries en anglais. D’autres membres du gang, des amis de Roberto l’entouraient –clairement des abrutis, comme lui - et Lucky se sentait de plus en plus en danger. Cela allait mal finir… – « Nina, nina... » Roberto surgit devant elle et la bloqua en posant ses deux mains sur ses épaules. La pression n’avait rien de gentil, au contraire de la voix et du geste qui se voulaient rassurant. « On ne te veut pas d’ennuis. C’est juste que tu perds ton temps ici. Tu n’as presque plus rien d’intéressant… Abuelo ne voudra pas de fusil… »
Lucky se mordit les lèvres. Elle s’en doutait un peu. Les gens savaient qu’elle n’avait pas un sou, qu’elle ne possédait qu’un stock limité d’armes qui était sa seule monnaie d’échange. Le désespoir devrait la rendre facile à escroquer. – « Mais on est gentil, dans ma famille. On va t’aider. Après tout, on bossait ensemble avant… On ne va pas profiter de toi comme ça… » Les rires graveleux annonçaient clairement la tournure que prenaient les événements. Roberto n’avait qu’une idée en tête. Il passa son bras autour de ses épaules, la forçant à marcher à côté de lui. « Je vais te dire. Mi familia es tu familia… Il y a toujours moyen de s’arranger… » Lucky essaya de se dégager. D’un mouvement brusque, elle se libéra de l’étreinte et recula d’un pas pour le foudroyer du regard. – « Fucking hell no! Toi et moi on a jamais bossé ensemble et on ne le ferra jamais. Ta famille doit mourir de honte devant toi, connard ! Met-toi tes arrangements dans le cul, puceau !» Et elle lui fit un doigt d’honneur.
Les types autour d’eux s’esclaffèrent de voir leur boss ridiculiser ainsi. – « Yo Roby, elle en a plus que toi dans le pantalon! » Sauf que Roberto n’était pas en colère. Au contraire, il avait un sale sourire goguenard. – « J’aime les filles avec ton caractère. Les dompter, c’est intéressant. Et cela rend les choses au lit encore mieux. » Cette fois, il n’y avait pas de doute quand à la nature de l’échange. Roberto passa rapidement sa main dans les cheveux de Lucky, pour les ébouriffer. Comment ce con pouvait-il être aussi rapide ? le geste ne dura pas assez longtemps pour qu’elle pût contrattaquer. « Nina, sois raisonnable. Tu ne vas pas faire long feu toute seule dehors comme ça. C’est dangereux tu sais. Il te faut une maison et ---. » – « J’ai déjà, enculé de mes deux!» – « Déjà ? C’est sûr, ils ont du faire la queue pour ‘t’accueillir’ chez eux. T’es un belle salope après tout…» Lucky vit rouge. Il la traitait de pute, à marchander ses charmes pour un lit ! « Allez, laisse tomber ton mac ! Avec moi, c’est du service privé ! »
Comment pouvait-on être aussi con et rapide ? Sa main avait glissé le long de sa joue et s’était emparée de son menton, la forçant à relever la tête. – « Il te faut un protecteur nina… » Il s’était rapproché, la collant à un mur derrière elle. Son fusil d’assaut lui entra durement dans le dos. – « J’ai déjà! Espèce de sale merdeux ! Let me go asshole ! Fuck you !» – « With pleasure, nina. » Il allait l’embrasser. Déjà sa main s’aventurait vers des latitudes qu’il n’aurait jamais du rêver d’explorer. Lucky hésitait à lui taper dans les couilles, l’éventrer ou tout simplement lui mettre une balle dans le crâne, comblant le vide crée par son absence de cerveau. Elle allait passer à l’action quand une voix claqua. – « Dejala, estupido! » Un home s’approchait. Enrique, le second fils d’Ignacio et l’oncle de Roberto. Ce dernier se prit un coup en pleine tronche et Lucky profita du fait qu’il valsait à terre pour lui décocher un coup de pied qui atterrit dans son ventre. Mince, elle visait ses couilles… Elle suivit son sauveur jusque dans la rue, sans être inquiétée par les autres loubards.
Enrique était un forgeron, tout en muscle, petit et râblé. Dans la boutique, il fit signe à Lucky de le suivre derrière le comptoir et dans un couloir. Elle lui emboita le pas sans crainte. Son père admirait Enrique et regrettait qu’il ne fut pas le prochain leader de Tierra Nueva. Tout simplement parce qu’Enrique préférait la forge aux rues…
Ce ne fut que dans la boutique que Lucky réalisa qu’elle avait une boule d’énergie prête à jaillir dans la main. Elle dut lutter pour réabsorber le courant électrique. C’était douloureux et elle grimaça. Roberto pouvait dire merci à son oncle. Il avait failli passer du stade « gros porc pervers » à celui de « gros porc pervers grillé ». Et il n’était sûrement pas comestible… _________________
Dernière édition par Cassidy Lee Jefferson le Mar 8 Juil - 11:44, édité 2 fois |
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Age : 26 Inscrit le : 23 Mai 2008 Messages : 308 Localisation : En standby du côté de Marseille JDR Race: Humaine - pour le moment Âge du perso: Tout juste 18 ans Relations:
| Sujet: Re: A chaque jour suffit sa peine [Terminé] Mer 18 Juin - 23:50 | |
| La boutique ne cachait pas son activité : couteaux et lames étaient exposés, sur le mur ou dans des vitrines. Il ne s’agissait que de poignards de chasse et pêche et des couteaux de cuisine, pourtant. Mais il était difficile de dissimuler le bruit et la fumée d’une forge… si ce n’était que par une autre forge… Les choses sérieuses étaient derrière la première forge, dans un sous sol mal éclairé et aéré que Lucky entraperçut entre deux portes. Enrique la menait dans un dédale de couloirs, montant et descendant des escaliers ou des pentes graduelles. Lucky était perdue et elle s’en foutait. Elle repensait encore à la scène et ce à qui elle avait juste été confrontée. Non pas tant ll fait de se faire embrasser de force, même si cela la révulsait. C’était l’idée qu’elle était sans défense malgré tout son courage. Qu’elle seule n’était même pas capable de prendre soin d’elle. L’absence de Stryte lui pesait en même temps qu’elle la faisait vomir. Le principe même d’avoir besoin de quelqu’un, ne serait-ce que de l’homme qu’elle aimait, la révulsait au plus haut point, rendant sa survie après le massacre de sa famille complètement inutile.
Enfin, Enrique la fit entrer dans une pièce. Petite, elle ne contenait qu’un bureau derrière lequel était assis un homme, une chaise devant le bureau, et une étagère de livres tous reliés du même cuir marron. Ignacio lui indiqua d’un coup de tête bref de s’asseoir. Il se dégageait une telle autorité du vieux forgeron que Lucky obéit immédiatement. – « Entre jeune Jefferson. Nous allons parler affaire. De façon honnête. Parler et rien d’autre.» Ce disant, il foudroya un endroit du mur… sur lequel un homme était appuyé. Un homme que Lucky n’avait pas remarqué avant. En fait, il y avait deux hommes. Si le second était un match entre Ignacio et Enrique, prouvant qu’elle venait de rencontrer un des nombreux fils du leader, le premier, celui qui baissait la tête tout penaud, affichait une ressemblance avec… Roberto. Ben les nouvelles allaient vite ici. Pauvre papa de Roberto. Non seulement il avait engendré un abruti parfait, mais c’était lui qui en prenait plein la poire…
– « Oui, les armes Jefferson vont être rare maintenant… » fit Enrique en fermant la porte derrière eux. « Mais nous comptons sur toi pour respecter les vieux business partners.» Rappelée à la réalité, Lucky cligna des yeux. Elle n’avait pas vu les choses ainsi. Les événements récents n’allaient pas faire baisser les prix. Au contraire. Ce qui est rare et cher. Surtout des armes d’aussi bonnes qualités que les siennes. Elle était presque en position de force. Rassurée, elle échangea les salutations d’usage : Ignacio lui présenta ses condoléances pour sa famille et elle les accepta. Puis, en gens d’affaires – louches – qu’ils étaient, ils attaquèrent les négociations. Lucky fit passer la liste de Stryte. Il avait clairement décrit ce qu’il voulait alors l’estimation de la commande ne prit pas trop de temps. – « En guise de paiement… » Elle fit glisser le fusil de son épaule et laissa les trois hommes inspecter l’arme. « Voilà une boite de munition. 10 autres à réception de la commande. » Ignacio hocha la tête et fit un signe de la main. Le père de Roberto disparut par la porte. Lucky dut prendre sur elle pour ne pas sauter sur pieds et s’éloigner de lui pour éviter tout contact avec celui qui avait osé engendré une telle horreur. – « Des lames comme celles que tu cherches, nous en avons déjà en stock. Pas beacuoup. Mais la fabrication ne prend pas tellement de temps. Nous pouvons compléter la commande en un jour. Cependant…» Le père de Roberto revint et déposa deux boites sur la table. Ignacio en ouvrit une, montra une demi-douzaine de lames et en tendit une à Lucky. Cette dernière l’examina. La jeune femme n’y connaissait pas grand-chose en métallurgie mais elle voyait que c’était du beau boulot et que cela correspondait à ce que Stryte voulait. Elle approuva en silence et rendit la lame. Ignacio remballa le tout et fit glisser la boite vers elle. Puis il ouvrit l’autre boite. « … ta famille a passé une commande peut-être cinq jours avant… cette tragédie. Malheureusement, nous avions déjà fini les trois lames quand nous avons apprit la triste nouvelle… » Lucky se mordit la lèvre inférieure. Des dettes. Elle n’avait pas prévu ça. Néanmoins, elle étudia les trois lames posées devant elle. Toutes trois en acier trempé injectés de platinium et d’argent avec l’entrelacs celtique symbole de son clan gravé au milieu, deux étaient crénelées et la dernière recourbée en une sorte de katana miniature. – « Nous pouvons les remanier pour qu’elles correspondent plus ou moins à la commande. Celle-ci restera une arme de poing, mais il est possible de l’alléger pour une prise en main plus souple. Les deux autres feront d’excellents projectiles tranchants…et le crénelé les rendra dangereuses en combat rapproché.» Est-ce que Stryte lui en voudra, si au lieu de lui commander ses vingt lames, elle en prenait trois différentes ? Elle ne se battait pas suffisamment au couteau pour avoir besoin d’un poignard comme celui qu’elle tenait entre les mains, et elle ne lançait rien d’autres que des insultes. Et surtout… est-ce que Stryte lui en voudrait si elle lui donnait des lames gravées au symbole de son clan ? De toute façon, elle se devait de payer les lames, par principe. Si cela ne plaisait pas à Stryte, il pourrait toujours recommander trois autres lames. Elle l’amènera ici le jour de la réception, pour qu’il décidet et puisse retourner tout seul ici en cas de besoin. Commença alors une autre partie de négociation, mais cette fois au grand désavantage de Lucky. Elle n’estimait pas vraiment la valeur réelle de ses armes. Elle regrettait encore plus amèrement l’esprit macho de son père et ses frères qui les poussait à la tenir à l’écart des affaires du gang. Pour eux, son rôle restait limité à faire couverture et épouser un irlandais qui viendrait seconder Liam et Sean. Elle avait dû tellement batailler pour qu’ils acceptâtes seulement de la laisser travailler avec Oncle Brian. Mais les Vallente-Hernandez restaient raisonnable. Une fois le marché conclus, scellé par une poignée de main entre Ignacio et Lucky qui faillit y laisser ses os, l’irlandaise quitta la pièce. Le chemin vers la sortie fut plus rapide et rectiligne et Lucky suspecta une manœuvre subtile de la part des portoricains, qui avaient voulu la tester. Manque de chance, elle n’avait pas été déstabilisée… peut-être était-elle trop bête pour ça… Elle ne rencontra aucun problème pour sortir du territoire de Tierra Nueva et s’en félicita…
Maintenant… elle allait affronter ses démons… _________________
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| Sujet: Re: A chaque jour suffit sa peine [Terminé] Jeu 3 Juil - 23:03 | |
| Une fois seule, Lucky éprouva un sentiment de solitude profond. Jamais avant elle n’avait éprouvé cette sensation. Taranis, tout démon qu’il était, lui rappelait Luciole, et avait été une compagnie certes désagréable, mais quelqu’un avec qui parler. Et un leader, prenant les décisions.
La jeune femme serra les dents et redressa les épaules en une attitude emplie de fierté bien mal placée et d’assurance qu’elle était bien loin de posséder… Mais, à partir de ce jour, plus personne ne pourra traiter Cassidy Lee Jefferson de « peureuse ».
Les rues étaient familières et elle devait se faire violence pour ne pas se laisser berner par cette illusion de nostalgie et de sécurité. Mulligan Road n’était plus… Plus de cris de gamins qui jouaient au baseball dans la rue, plus d’interpellations des marchands aux passants, plus de chansons en gaelic… le quartier irlandais était mort. Tout était calme, d’un calme lourd et pesant, étendant l’ombre d’une menace peu définie.
Lucky se faufila habilement dans un immeuble en ruine, une ancienne tour de logement détruite lors du Cataclysme, pillée et brûlée maintes fois. Accroupie derrière une fenêtre sans verre, à l’aide du viseur de snipper, elle étudia les alentours. Et là encore, l’absence de mouvement, de vie en général la perturba… Où étaient les lycans, ceux qui les avaient attaqués ? Parce que pourquoi les avoir attaqué si ce n’était pas pour le territoire… ? « A moins que les lycans se foutent du territoire et n’en avaient que après Taranis… mais pourquoi ? et surtout, comment ils ont su ? » Et autre question : où étaient les High Westminsters qui auraient dû sauter sur l’absence de lycans pour faire main basse sur ce territoire ? Encore une fois, elle fouilla les ruelles sombres, les coins et recoins, la moindre cachette.
Pourtant, elle ne changea pas son plan. Passant par l’arrière-cour, comme elle avait fait pour entrer chez Byakko, elle se retrouva dans la chambre de son père. Et elle se retrouva plongée dans un chaos. Tout avait été dévasté : les meubles renversés et apparemment cassés à coup de haches, les canapés et matelas éventrés, le contenu de chaque placard et tiroir vidé à terre. Cela lui brisait le cœur, aussi Lucky ne s’attarda pas. Elle se ferma à tout ce qui n’était pas sa tâche en ces lieux. Elle ne descendit pas au rez-de-chaussée. Non seulement elle risquait de se faire repérer, mais hormis la caisse qui avait dû être volée depuis longtemps, il n’y avait plus rien pour elle. Dans la chambre de son père, elle tâtonna pour trouver un grand sac et finit par dénicher un sac boudin de sport.
La cache de la cuisine avait été trouvée et vidée, comme celle de la salle de bains. Tant mieux, elles étaient là pour ça. Des leurres, pour préserver les objets les plus précieux, soigneusement dissimulés dans une cache dans la chambre de Collum. La pièce du prêtre était chichement meublé, et personne ne penserait qu’il y avait quelque chose de dissimulé ici. En fait, la chambre semblait à moitié vide, et occupée uniquement par cette grande croix en bois. Après tout, la Bible enseignait le recul par rapport aux possessions matérielles. Les bijoux de sa mère dans son beau coffret en bois qui pesait son poids, la lourde épée ancestrale, une sorte de claymore version irlandaise avec les deux dagues assorties, la tapisserie en laine tissée à la main… Les papiers tels les certificats de naissances, testaments, bons du trésor. L’agenda et le carnet d’adresses du Gang… Le sac était déjà bien lourd et rempli, pourtant Lucky continua à fureter. C’était comme faire un pèlerinage dans son passé. Quelques photos aux cadres brisées, la batte de base-ball de Sean, le violon de Liam. Et puis sa chambre…
Le truc bien avec avoir une chambre en bazar tout le temps est qu’un cambriolage ne faisait pas de différence. Pourtant, Lucky savait intimement tout ce qui y était planqué… et ce qui manquait. La jeune femme dut lutter avec elle-même… Malgré son envie, elle ne pouvait pas tout emmener avec elle. En fait, ses jouets de gamins, elle se devait de les laisser derrière elle. Cassidy Lee devait être une adulte, certes qui avait grandi trop vite, mais adulte tout de même. Dans un autre sac tiré de sous une pile de vêtements, Lucky enfourna ses habits préférés ou des trucs utiles. Sa mallette avec les rasoirs et les ciseaux de coiffeur-barber. Quelques souvenirs et babioles. Deux vielles peluches, une poupée de chiffon offerte par sa mère juste avant de mourir et un agneau géant.
Mais voilà… maintenant, elle avait trop énormes sacs… Et impossible de tous les porter. Aussi Lucky décida d’employer les grands moyens. Profitant du calme ambiant qui lui tournait les nerfs en pelote, elle descendit les besaces dans la cour, où trainait une vieille Cadillac, datant de juste avant le Cataclysme. Liam la retapait à ses heures perdues… Lucky savait que l’engin ne fonctionnait pas, mais elle avait le pouvoir de faire tout démarrer…
Elle chargea les sacs et comme il lui restait de la place, elle osa en rajouter. Pourtant, elle ne s’autorisa qu’un aller-retour supplémentaire. L’absence de tout mouvement, le silence environnant l’angoissait de plus en plus…
Le moteur démarra dans un vrombissement qui semblait retenir comme les foudres de Zeus. Lucky trembla et commença à avancer, le pied écrasant l’accélérateur à fond. Elle ne savait pas ce qu’elle craignait, mais elle se doutait que ce n’était qu’un calme apparent. Quelque chose se tramait. Rien, absolument rien n’était jamais désert à New-York. Néanmoins, elle quitta ce quartier de Queens sans voir âme qui vive… ou ne vive pas. Cassidy prit la décision de ne plus jamais considérer Mulligan Road comme son territoire mais plutôt comme une terre hostile. Plus rien ne la retenait à son passé. Parce que, après tout, est-ce que ce coin de bâtiments à moitié détruits et de béton endommagé valait qu’on se batte pour lui ? Sans le savoir, les larmes coulaient sur ses joues. Pourtant son visage était sec quand elle arriva en vue de Loaded for Hunts.
Décharger la voiture et ranger ses affaires prit le reste de sa matinée, avec un repas du midi avalée sur le pouce. Byakko n’était plus là, et c’était un soulagement. Elle ne voulait pas l’affronter si tôt. Lucky profita qu’elle était seule pour visiter l’appartement et se familiariser avec le contenu des placards. Elle ne fit que jeter un coup d’œil dans la chambre de son patron, juste pour voir mais finit par craquer et alla tester le lit-futon. Sacrément dur comme matelas… Bon… ce n’était pas tout… Elle avait encore une longue liste de trucs à faire. En premier lieu, des courses. Non seulement de la nourriture mais des choses utilitaires comme des serviettes, des draps… une cafetière, une machine à gaufre… Byakko n’avait franchement jamais mit les pieds aux USA ! Une maison sans chips au bacon ! Lucky établit l’inventaire et soupira. Heureusement qu’il lui restait plein de fric d’hier. Parce que là, le cochon pétait un bon coup.
Le centre commercial, Old Fashioned, était toujours ouvert, bondé et le lieu pour trouver tout ce dont on avait besoin. Lucky gara sa Cadillac dans un parking souterrain et s’assura que personne ne pourrait redémarrer l’engin, à moins d’avoir son pouvoir. Avant de prendre les ascenseurs, la jeune femme traîna dans les recoins, là où se terraient les dealers, les hackeurs et la lie de l’humanité de la société moderne. Pour Lucky, ils étaient son réseau d’informants. Ils savaient tous ou allaient le savoir, ils étaient le réseau névralgique de New-York. « Rien n’était gratuit, rien n’était privé, rien n’était interdit » : leur moto. Personne n’avait jamais entendu parler d’un « L », hunter, vampire, démon ou lycan. Personne n’avait entendu parler d’un chat-démon noir. Mais l’information qu’ils étaient tous les deux cherchés aura fait trois fois le tour de la Grosse Pomme d’ici à ce soir. Personne ne dirait par qui, ou pour quoi faire – principalement parce que personne ne le savait, mais tôt ou tard, Lucky aurait des retombées. Beaucoup de fausses pistes mais avec sa chance coutumière, elle trouverait.
Les courses alimentaires furent rapidement expédiées. Lucky passa plus de temps à choisir ses draps et ses serviettes, mais juste parce qu’elle pouvait se permettre de choisir. Elle voyait pourtant bien que sa présence gênait les vendeuses des Belles Galeries. Des poupées trop collagenées, platinées et maquillées qui la prenaient de haut à cause de son look. La jeune irlandaise sentit son poil de gamine des rues se hérisser devant ce flagrant mépris de sa condition. Aussi retourna-t-elle les trois rayons pour le plaisir de les faire travailler, à replier les articles. Et elle changea d’étage pour payer. Pas moyen de leur donner cette vente qui se chiffrait bien à quelques milliers de dollars. Lucky descendit d’un étage et se retrouva chez les hommes. Ce qui lui allait très bien. Stryte lui avait demandé un manteau de cuir. Elle lui prit le plus beau, un véritable trou dans son budget, mais l’article semblait avoir été fait pour le vampire. Elle se l’imaginait vraiment dedans. C’était son style, pourtant, avec un rien de plus distingué.
Lucky avait cassé la chaine retenant un caddy. C’était bizarre comme quoi on n’avait jamais de monnaie sur soi quand on en avait besoin. Bah, un petit éclair avait résolu le tout, et elle avait entassé avec délice ses multiples paquets qui lui sciaient les bras. Elle avait l’air vraiment débile et bidochon, à pousser son caddy comme une mémère ravie, mais elle était clairement ravie. Maintenant, elle prenait beaucoup de plaisir à déambuler dans le complexe, à faire du lèche-vitrine. Elle prenait encore plus de plaisir à fusiller ou même invectiver ceux et celles qui la regardaient de travers. Un type osa lui répondre et Lucky péta un plomb. Elle s’emporta, vint chercher le contact, frappa le mec au plexus et ce dernier battit retraite sans se rendre compte qu’en fait, il venait de se faire dépouiller de son portefeuille et téléphone portable. Fidèle à ses principes, Lucky ne s’attarda pas. Elle fonça vers le parking et chargea la voiture. Ce ne fut qu’en partant qu’elle fit un détour vers le coin des « informants ». Eux sautaient littéralement de joie en voyant une carte bancaire ou une puce de téléphone portable. Ils étaient tellement contents qu’ils lui donnèrent une autre puce trafiquée, reconnectant ainsi Cassidy Lee avec le monde moderne des télécommunications.
Byakko n’était toujours pas en vue. Mais qu’est-ce qu’il pouvait bien fabriquer ? Il fallait dire que Lucky n’osait jamais descendre dans le sous-sol. Elle avait été presque fascinée par l’intensité de son aura quand il s’entraînait. Comme dans les films d’arts martiaux, c’était du contrôle à la limite de la rupture… et elle ne voulait ni être là que cela péterait ou d’être celle à cause de qui elle cela péterait. Elle se confectionna un encas de fortune qui grignota devant la télévision tout en repassant sa liste en revue. Elle avait presque tout fait. Presque… _________________
Dernière édition par Cassidy Lee Jefferson le Jeu 3 Juil - 23:09, édité 1 fois |
|  | | Cassidy Lee Jefferson ¤ Elue de Taranis, Electron libre ¤


Age : 26 Inscrit le : 23 Mai 2008 Messages : 308 Localisation : En standby du côté de Marseille JDR Race: Humaine - pour le moment Âge du perso: Tout juste 18 ans Relations:
| Sujet: Re: A chaque jour suffit sa peine [Terminé] Jeu 3 Juil - 23:03 | |
| Encore une fois, Lucky ressortit de Loaded for Hunts. Mais cette fois, à pieds. Elle se dirigeait vers l’Eglise la plus proche. Elle ne pouvait plus reculer mais elle savait qu’elle ne pouvait pas faire ça toute seule. Elle avait besoin de soutien et en ce moment, elle n’avait personne vers qui se tourner. Stryte n’était pas là, et même s’il était en ville, c’était comme pour Byakko… des inconnus. Elle se savait même pas ce qu’elle voulait dire, ce qu’elle allait penser, alors pour aller en parler aux autres…. Mais il existait une personne qui écoutait toujours, qui ne jugeait jamais et ne vous répondait dans la même mesure. En fait, c’était si elle vous répondait qu’il y avait un problème. Hé oui, Dieu… Lucky allait parler à Dieu… pas avec Dieu, mais elle allait se poser dans une Eglise et laisser la monotonie de la messe l’apaiser. Quelque chose qu’elle connaissait, mais surtout pas trop. Lucky ne parlait pas latin et avait arrêté de suivre et d’écouter les prêtres, même son oncle Collum.
Aujourd’hui, elle trouvait du réconfort à être dans un cadre connu. C’était une Eglise différente, une voix différente mais quelque part c’était pareil. « Et maintenant… je ne peux pas continuer à me voiler la face. Il se passe quelque chose d’anormal ici. Enfin, encore plus anormal. Je veux dire l’attaque de la bande de lycans serait un truc bizarre, mais pourquoi pas ? On avait refusé de devenir de leurs adeptes… et si ça se trouve, ils savaient pour Taranis. Comment et pourquoi… mais est-ce que c’est vraiment important de savoir pourquoi? Est-ce que cela va changer quelque chose à ma situation ? » Lucky se leva puis s’agenouilla avec la foule qui se pressait dans la nef. Depuis le Cataclysme et la sortie des bestioles du cirque en tout genre, les religions en tout genre étaient remontés aux goûts du jour. « Non… Je dois établir un ordre des priorités, en équilibre avec mes ressources. Qu’est-ce que je vais aller me pencher sur des problèmes paranormaux ? Non, je vais me concentrer sur l’immédiat et sur ce que je peux faire… Déjà… ma propre situation est réglée… je pourrais rester chez Byakko assez longtemps pour me remettre sur pieds et faire après ce que je veux. Je ne veux pas rester chez lui, mais peut-être y bosser toute ma vie… Mais est-ce bien ce que je veux ? …………. Je veux…. Je veux …. Je veux… je veux revoir ma famille. Ils ne sont tous pas morts. Certains ont été emmenés par les lycans. Je le sais, parce qu’ils n’étaient ni au point de ralliement ou morts… ce n’est pas de la vengeance, je m’en fous, ce sont des lycans. Mais je sais que c’est la bonne chose à faire. Je ne peux pas continuer à vivre en sachant que peut-être Liam, ou Sean, ou Collum ou Maihri sont encore en vie. »
Restait à savoir comment. Parce que faire une descente dans les égouts toute seule. Même avec tout l’armement des Jefferson, elle restait un poids plume. Peut-être que Stryte ou Byakko l’aideraient ? Non, mauvaise idée. Stryte et Byakko et dix autres personnes. Et avant ça, faire un peu repérage. Les égouts, c’était grand. Et puant… et grand… et puant… Mais surtout très très vaste. Et bourré de lycans…
Lucky resta longtemps après la messe, à contempler le mur éclairé par les bougies, à écouter le murmure en provenance des confessionnaux, à sentir l’odeur de la cire. Elle se leva soudain, foutant une crise cardiaque aux trois mémés assises deux bancs plus loin et se dirigea d’un pas vif vers les porteurs de cierges. Elle agit avant d’avoir eu le temps de bien analyser sa pulsion. Elle paya pour les deux plus grosses bougies possibles, les fioles d’eau bénite – commerce florissant qui épuisait les prêtres - et donna en plus une généreuse contribution au tronc des pauvres.
Sur le chemin du retour, Lucky passa au sujet suivant. Taranis. Alors ça, c’était une belle énigme. Le chat avait disparu. Stryte avait été le dernier à l’avoir vu vivant, dehors, dans le cimetière. Les lycans pouvaient en avoir après lui, elle ne savait pas pourquoi. Et commencer à se demander si Taranis avait choisi son père au hasard ou pas soulevait des questions absolument terrifiantes qui figeait Lucky sur place, alors elle repoussait l’échéance. Elle ne voulait pas considérer l’insistance du démon à faire un pacte avec Jimmy comme la preuve d’autres choses qu’une coïncidence. Elle devrait demander à Byakko… Peut-être que Taranis n’avait pas le choix… Qu’est-ce qu’elle en savait, du comment du pourquoi des démons ?
Et encore une fois, l’image de Taranis appela celle de la femme sur le toit. Byakko, encore une fois, la renseignera. C’était un peu tard maintenant pour aller à l’hôpital lui poser des questions. Mais qu’est-ce que cela pouvait bien dire, si Taranis avait envoyé cette fille tuer Stryte ? Que Stryte était une menace ? En quoi? Ce n’était qu’un vampire qui venait d’arriver en ville ? A moins que le chat détestait son futur petit copain ? Etait-il … jaloux ? Ou voulait-il que le vampire ne se rapproche pas d’elle? Le vampire ou toute autre personne ? Nan, il voulait qu’elle entre en relation avec un hunter le soir où elle avait rencontré Stryte. Et il n’avait rien dit contre son installation chez Byakko.
Donc Taranis voulait qu’elle soit non pas protégée mais surveillée. Pas de contact avec les lycans ou les vampires… comme si cela pouvait lui nuire… Et quand on y pensait, cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas été attaquée par les vampires, les mêmes qui voulaient lui faire subir des trucs bizarres pour analyse sa morsure de lycan bizarre. Ou c’était ce que Taranis lui avait dit. Peut-être en avaient-ils après le démon ?
Peut-être… et si… probablement…
Elle devenait folle. Lucky avait lâché les reins et son esprit s’emballait, galopant à toute vitesse les plaines de l’hypothétique… Pour se calmer, la jeune femme se lança dans un grand ménage en règle de l’appartement, faisant fuir Byakko vers son sous-sol…
Pfff, trouver la racine du problème résolvait ledit problème à moitié ? Ben elle venait juste d’effeuiller la marguerite. Restait tout le reste….
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